Atelier d'électronique
Le laboratoire est l’endroit privilégié de l’électronicien. Une idée germe ? On la griffonne au crayon sur un papier tout froissé de 2 cm sur 3. On émet quelques hypothèses. On n’est pas sûr. Un point particulier sur lequel on a un doute. Il FAUT aller se renseigner dans sa bibliothèque. C’est plus fort que nous. On y va. Elle se trouve où, cette bibliothèque ? Ben dans le labo, tiens. Les bibles sont là, alignées au-dessus des instruments. Au-dessus des composants. Au dessus du quart de notre salaire. L’hypothèse est-elle confirmée ? Infirmée ? Qu’importe, il FAUT tester. C’est plus fort que nous. On s’installe, on manipule, on teste. Ces tests demandent un peu de matériel. On ne se constitue pas un labo du jour au lendemain. Bon, mais alors il y a quoi, dans ce satané labo ?
Le coin pour rester en vie
Ca, c’est primordial. Ben oui, dans la mesure du possible, il est
intéressant de rester en vie. Avant de lire cette page, allez donc faire un tour
sur la page sécurité. Après, vous revenez ici, et on
pourra discuter. Pas avant.
Le coin de référence
C’est ici que tout le savoir des autres est disponible. C’est votre
bibliothèque. Prenez-en soin. Livres, revues, gribouillis de votre cru, cours ;
tout doit être là, à portée de main. Si possible bien classé, pour aller à
l’information plus rapidement. Bon, par la suite, il y a un stade où l’on
connaît tellement ses bouquins que la recherche va très vite. Très très vite. Tel
ouvrage est plutôt orienté comme ça, tel autre est plus pointu sur tel sujet,
tel auteur s’applique à faire toujours la même chose, tel autre n’est pas très
fiable, etc. Peu à peu, on sait parfaitement ce que l’on a. Le plus dur est de
chercher un article que l’on sait avoir vu, mais on ne sait où. Non, ça, c’est
vraiment immonde. Regarder le sommaire de toute sa collection d’Elektor, numéro
par numéro. Pfff. Immonde. Pensez à avoir aussi deux-trois catalogues de
revendeurs. On voit la disponibilité des pièces, leur taille, leur PRIX. Les
catalogues sont souvent payants, mais remboursés lors du premier achat. Si vous
avez passé ne serait-ce qu’une seule commande, vous recevrez les versions
suivantes gratuitement, et ce pendant pas mal de temps. Le plus dur est donc de
franchir le pas la première fois. C’est comme avec les filles, sauf que ça
revient à quelque chose comme 6 euros.
Le coin de l'information
En tout bon électronicien, vous devez bien avoir une connexion Internet. Si
vous n’avez pas trop les moyens, vos parents, votre lycée, votre fac’ ou, d’une
façon plus générale, l’endroit où vous travaillez (dur, cela va de soi) doit
bien être équipé d’un accès au net. (Vous n’êtes pas un surhomme ou une
"sur femme" ; vous voyez bien cette page d’un ordinateur, ne me
prenez pas pour un con.) Tant mieux, car le net, en électronique, c’est assez
utile. Quand l’ordinateur sert au travail, il est relativement utile de l’avoir
dans son labo. Hé oui. Vous doutez de la caractéristique de ce petit truc à
quatorze pattes ? Hop, un petit tour sur le site du constructeur, on télécharge
la doc du composant (c’est gratuit), et la caractéristique est là, sous nos
yeux ébahis. Terrible, non, le net ? Mais l’ordinateur ne sert pas qu’à
ça ! Non, avec le temps, vous allez faire l’acquisition de logiciels
spécifiques à l’électronique. Des gratuits, des payants. Vous allez simuler une
partie du schéma que vous avez imaginé. Router une petite carte imprimée. Les
appareils électroniques n’aiment pas être allumés quinze fois de suite. Dans
99 % des cas, une ampoule claque lors de son allumage, vous avez bien dû
vous en rendre compte. Pourquoi ? Parce que l’électronique
n’aime pas les changements d’états trop brusques, c’est un fait. A titre
d’expérience, calculez la résistance du filament d’une ampoule de 100 W,
par exemple (P=U²/R), puis mesurez-là avec un ohmmètre. Surprise!
Le coin où l'on se prend (parfois) des châtaignes
Votre dernière création est enfin sur papier. C’est la plus astucieuse de
ces 15 dernières années, c’est normal. Bon, mais est-ce qu’elle
fonctionne ? Le simulateur super puissant dit que oui, mais bon, parfois,
il dit absolument n’importe quoi. On ne peut pas lui en vouloir de raconter des
conneries, vu qu’il travaille dans un univers idéal, ou dans un univers non
idéal, mais idéalement modélisé. Bref, il n’y a pas cinquante solutions :
il faut tester en vrai. On ne va pas faire un circuit imprimé, alors qu’il
risque de ne pas fonctionner. Non, on va le tester sur une plaque de type LabDec,
solution idéale. Vous savez, ces plaques bourrées de trous, reliés entre eux,
par cinq. Ces plaques nécessitent du câble monobrin. Si vous n’en avez pas, en
récupération, pensez à en acheter un peu ; du 0,2 mm² fait bien
l’affaire. Je sais, je sais, il ne faudrait pas dire LabDec, vu que c’est une
marque. Mais dire "une plaque avec tout plein de trous dessus", c’est
plus long, plus con, et personne ne vous comprendra. La, au moins, on se
comprend.
Plaque LabDec
Ce type de plaque existe en plusieurs
formats. Les plus classiques sont les 640 ou 840 contacts (parfois 630 ou
830, selon qu’il y ait des trous pour des vis de fixation, que les rainures
aillent jusqu’au bord, etc. ; on s’en tape.) D’office, prenez des 840. Pour
2 euros de plus, vous avez 8 longues lignes de 25 contacts chacune,
pour les alimentations. Une plaque de ce type coûte environ 8 euros (chez
Arquié, elles ne sont pas chères). Ce n’est pas donné, mais vous l’avez pour la
vie. Si vous pouvez vous le permettre, prenez-en deux : il est fréquent
qu’un montage de test (qui fonctionne) devienne un montage que l’on mettra sur
circuit imprimé "plus tard". Il en existe aussi fixées sur une plaque
en alu’, avec des bornes de raccordement, des pieds antiglisse et tout et tout.
Ce n’est pas mal du tout, mais forcément, c’est plus cher. Ben oui.
Voilà deux-trois reproches à faire aux plaques LabDec :
– Il y a des capacités parasites entre les
lignes de connexions. En général, 3 à 5 « pF». Il suffit de le savoir
pour que ça ne nous embête pas trop. Pour plus de sûreté (si l’on peut dire),
on utilise souvent une ligne sur deux seulement. C’est encore faisable avec des
transistors, mais pas avec des CI.
– Les vieilles plaques peuvent parfois être
en court-circuit, car à force d’ôter les fils, de petits copeaux s’entassent.
Mais ça n’arrive pas tous les jours, loin, loin de là.
Espace de désossage
A côté de ça, il y a un second espace
de travail. Car pour tester un petit montage de son crû, une plaque LabDec est
toute destinée, mais pour voir ce qu’à un ampli dans le ventre, par exemple, la
plaque LabDec peut aller pointer à l’ANPE ou regarder Casimir à la télé.
C’est donc ici que vous ouvrirez les appareils qui vous passent sous la main. Tous. On a tendance à tout ouvrir, même si ça marche très bien... Juste pour "voir". On distingue vite, à l’œil et avec du temps, un bon circuit d’un mauvais, c’est fou. On a aussi tendance à vouloir le voir "tourner", capot ouvert. Attention !! Un appareil fonctionne très bien capot fermé, comme capot ouvert (quoique parfois, il y ait des protections), mais il est INDISPENSABLE de le débrancher lors des phases d’ouverture et de fermeture. INDISPENSABLE. Une vis, un tournevis, à tôt fait de glisser et de faire un court-circuit sous tension. Le capot métallique va vite toucher une borne et la mettre à la masse. Non, débranchez (Le cordon ! Les inters on la bête habitude de ne couper qu’un fil), ôtez le capot, posez-le et ensuite rebranchez. Mais là aussi, faites très, très gaffe. Le magnétoscope que vous venez d’ouvrir fonctionne sous 230 V. Et le 230 V, ça peut être mortel, je pense que vous êtes au courant. Si ce n’est pas le cas, si vous ne le savez pas, allez de suite engueuler vos parents : ils ont mal faits leur boulot. Regardez, admirez, puis refermez. Si vous tenez à mettre les doigts, si vous tenez à réparer ce truc qui ne réagit plus, soyez conscient des risques encourus. Ils sont énormes. Sur les circuits imprimés, l’emplacement où la tension dangereuse est présente est généralement matérialisé par un tracé sur le CI-même, et une jolie tête de mort. C’est très sympa’ à voir, on pense aux pirates, tout ça, mais ce n’est pas là que le constructeur veut en venir. Vous êtes prévenus. Même si votre main ne touche que l’autre bout de la plaque (celui où il n’y a pas de 230 V), pensez à votre coude. Pensez aussi qu’un outil est vite tombé, que la patte coupée d’un composant vole en général bien loin de la pince coupante. Bref, évitez les châtaignes autant que faire se peut, et allez relire le paragraphe sur la sécurité.
Le coin de l'outillage
Avoir un bel espace de travail, c’est bien.
Mais tant qu’à faire, avoir des outils, c’est utile aussi...
Tournevis
Il vous faudra des tournevis. Pas un
seul, mais plusieurs. Des plats, des cruciformes, des gros, des petits. Si
possible des tournevis d’électricien, ceux avec la tige protégée jusqu’à la
pointe ; ça évite les courts-circuits. Un tournevis testeur de tension
peut être utile aussi. Ca coûte un ou deux euros et vous permet d’attester de
l’absence secteur avant de promener vos doigts (on teste une phase, ensuite le
circuit, puis de nouveau une phase, pour être sûr que le tournevis n’a pas
claqué entre temps). Des tournevis porte-vis (on peut fixer une vis à la
pointe, entre deux petites griffes) sont aussi intéressants pour accéder aux
endroits difficiles. Ne vous en servez que pour ça, car ils coûtent un peu plus
chers. Et puis aussi deux trois tournevis entièrement en plastique (made in
plastique...) ou, pour ce qui ont gagnés au loto et se la pètent en Rolls, des
tournevis en céramique. Ils permettent d’ajuster les potar et selfs sans
apporter les parasites qu’apportent les tournevis métalliques (et vos mains,
surtout). Mais ça, c’est surtout valable en HF. Ces outils sont très, très
fragiles, et ne doivent servir qu’à ça, sans exception. Ah, puis j’allais
oublier ! Ayez aussi des tournevis de précision sous la main ! Ca, ça
sert tout le temps. Ca se vend par petites boîtes ; choisissez-en une qui
comporte des plats et des cruciformes. Ils ont à l’extrémité opposée de la
pointe, une petite partie mobile. Ce n’est pas pour faire joli, non, c’est pour
y poser l’index, avec une légère pression. Ensuite, vous faites tourner le
tournevis (il aime ça) entre votre pouce et votre majeur. Votre deuxième main
peux tenir la carte électronique que vous vous appliquez à réparer, ajuster
l’oscillo si vous ne vissez pas une vis mais un multitours, etc.
Quoi qu’il en soit, pour tous vos tournevis,
utilisez bien l’empreinte qui correspond à la vis, sinon, ils ne tiendront pas
longtemps. Et Facom ne vous les échangera pas.
Pinces classiques
Les pinces sont nos amies. Comme on ne
le leur rend pas assez, elles ont décidé d’être chères. Bon, il y a toujours
celles qui ne font pas comme tout le monde, et ne sont pas chères du tout. Au
début, on a tendance à prendre celles-ci (ce n’est pas que l’on ait un côté
radin, ni que l’on fasse dans le social, mais c’est simplement qu’un labo’
coûte une petite fortune). On travaille avec, longtemps, tant bien que mal.
Puis un jour, on a l’opportunité de travailler avec une bonne pince. Là, ô
malheur, ô désespoir, on se rend compte qu’il va falloir investir. Le travail
n’est pas le même, le confort non plus. Ne prenez pas de pince multifonctions,
c’est cher, pas fiable pour deux sous, et on ne trouve jamais la fonction que
l’on veut. Non, prenez une pince coupante diagonale et une pince à becs demi-rondes
droits ou à becs plats, ou les deux (mais au début, pas de pince coudée). Pour
commencer, ces deux pinces suffisent, en version "miniature". Elles
ont un format moitié moins gros que les pinces d’électricien, et sont deux fois
plus agréables à manipuler (mais aussi deux fois plus fragiles, forcément).
Choisissez pour chacune un modèle avec un petit ressort de rappel (un "vrai"
ressort, deux lames ou une seule lame, c’est pareil), vous verrez, c’est top.
La pince coupante, c’est pour couper les pattes de composants, et l’autre,
c’est pour plier les pattes de ces mêmes composants. A ce propos, on ne plie
pas la patte avec la pince, non. On coince la patte dans la pince, elle-même
calée contre le corps du composant, et on plie la patte avec le doigt. La pince
est là pour avoir une pliure nette. A ce propos (encore !), la pince à
becs demi-rondes droits sera peut-être plus pratique pour ça.
Pince à dénuder
Dénuder un câble on peut le faire avec
un couteau (pas pratique) ou un cutter. Le cutter donne un résultat plus net,
mais à force, des stries se dessinent sur les pouces, ce n’est pas terrible. Et
puis on crée immanquablement une amorce de rupture (pour le câble monobrin) qui
fait que régulièrement, notre câble casse, juste à la sortie de l’isolant.
Certains dénudent aussi avec une simple pince coupante, mais là, il y a un coup
de main à prendre, et le résultat n’est pas toujours fameux. En marge de toutes
ces façons de dénuder, il y a celle qui est la plus appropriée :
l’utilisation d’une pince à dénuder. Ben oui, ça sert à ça... Il y en a
essentiellement trois types. Les automatiques droites (souvent dites
"économiques", bien qu’il y en ait de très chères), les automatiques
américaines (orientées différemment, plus symétriques, et avec un gros ressort
tordu), et les pas-automatiques-du-tout... En général, les premières ont une
moitié en plastique, et cassent rapidement. Mais on ne peut pas leur en
vouloir, elles coûtent une misère. En plus, il est souvent impossible de les
régler correctement (mais oui, monsieur, elles se règlent). Les secondes, les
américaines, sont en général bien plus robustes, mais un peu plus cher. Il y a
juste à trouver le bon appui pour le câble (il y a plusieurs becs, selon le
diamètre). Ces deux types comportent des mécanismes très complexes et très
jolis à voir (mais bon, on n’est pas des mécanos’), qui travaillent en deux
étapes, mais elles ont du mal avec les petit fils. Et manque de bol, c’est ceux
que l’on utilise. De plus, elles créent elles-aussi une amorce de rupture (sur
le monobrin, toujours) qui fait que le fil casse toujours au même endroit, et
ça commence à être lourd... Non, le mieux est d’utiliser une simple pince à
dénuder, non automatique, pour électricien. Je sais, je sais, ça en jette
beaucoup moins qu’une grosse qui a des ressorts partout, mais c’est beaucoup
plus fiable. Et pour vous consoler, choisissez un modèle avec ressort de
rappel ; un ressort, c’est toujours mieux que rien... Il y a une petite
vis de réglage de la profondeur de coupe par butée, avec contre-écrou. Une fois
le réglage fait, on n’y touche plus ; en général, on coupe souvent des
fils de même diamètre.
Brucelles
Deux pinces brucelles sont utiles au
début. C’est quoi, une brucelle ? Pour commencer, on ne dit pas une
brucelle, mais des brucelles, même si l’on parle d’une seule pince. C’est comme
des ciseaux. Donc, des brucelles, ce sont des petites pinces de précision, très
simples d’aspect : deux genres de tiges soudées entre elles. Elles
permettent de saisir très facilement les petits composants. Très pratique pour
saisir LA résistance repérée dans le tiroir, au milieu de cent autres (avec nos
gros doigts, c’est beaucoup plus dur). Ici aussi, pour débuter, deux sont
nécessaires : la classique, ouverte au repos, et la "à pression
inversée", fermée au repos. Ici aussi, prenez des isolées, c’est plus sûr.
Les moins chères sont toujours de piètre qualité : les branches ne sont
pas alignées, elles se tordent, etc.
Divers
Tout ça, c’est plus ou moins la base.
Avec le temps (merci Léo, et l’argent), votre caisse à outils va augmenter au
fur et à mesure des besoins. Néanmoins, on peut citer d’autres petits outils
bien pratiques, en vrac :
– Une loupe pour déchiffrer la référence des
vieux composants plus facilement. x10 au minimum. Pas de x5, c’est à chier. La
loupe d’horloger est plus petite, donc facilement transportable.
– Un miroir de dentiste (orientable) permet
de lire la valeur des composants qui ont été soudés avec la référence
en-dessous et d’accéder aux endroits difficiles. Attention aux courts-circuits,
ces petits miroirs sont souvent en métal.
– Une lampe de poche pour voir au fin fond
des montages inaccessibles.
– Un plieur de composants, petite barrette
en plastique à un euro, pour toujours être au gabarit de 2,54 mm.
– Une pince à extraire les circuits intégrés
de leur support, pour ne pas tordre leurs précieuses pattes, ou un extracteur
de composants (c’est un genre de tournevis, tordu), plus polyvalent, mais moins
dédié au CI.
– Un alésoir à main, pour faire des trous de
différents diamètres dans les faces avants, et fixer potentiomètres, bornes ou
je ne sais quoi.
– Une griffe pour attraper facilement les
vis perdues.
– Un pousse et tire ressort, pour pousser et
tirer (les ressorts, des fois que).
– Une troisième main, genre de petit étau à
deux pinces crocodiles et base lourde, parfois ornée d’une loupe (pas forcément
utile).
– Un petit étau.
– Des queues de rat, petites limes fines et
longues (d’où le nom).
– Un cutter, si possible de précision, avec
diverses lames. Ca, c’est pour couper tout ce que vous avez toujours voulu
couper, sans jamais avoir pu le faire correctement.
Le coin des cordons
Les appareils de mesure sont généralement
fournis avec leurs cordons. Mais est-ce suffisant ? Et si vous les achetez
d’occasion ? Si vous fabriquez vos appareils ? Bon, pas trop de
choses à dire sur les cordons quand même, sauf que dans la mesure du possible,
il faut les choisir très souples.
Il faudra des sondes d’oscilloscope, forcément,
si vous avez un oscillo. Prenez des sondes commutables x1/x10, c’est pratique.
Il faut simplement penser à les ajuster régulièrement (les oscillos comportent
une ou deux sorties exprès pour ça, ce n’est pas pour rien). Sans ça, vous
mesurerez absolument n’importe quoi. Il faut aussi penser à "dire" à
l’oscillo de quelle sonde on se sert (x1/x10/x100...), ou corriger les valeurs
relevées.
Pour le multimètre, des cordons standards, qui
acceptent au moins le courant maximum que peut mesurer l’appareil (en général
10 ou 20 A). Des cordons pratiques sont ceux dont les pointes de touches
possèdent, juste au bout, une rainure sur tout le tour de la pointe. Cette
rainure ne sert pas à reconnaître le cordon de vos adversaires (comme aux
boules), mais à caler la pointe sur la patte d’un composant, sans qu’elle ne
glisse lorsque vous tournez la tête pour lire la valeur indiquée par le
multimètre. Certains de ces cordons sont modulables : la pointe se
dévisse, et on peut y adapter une pince crocodile, une borne à visser ou encore
mille choses. C’est pas mal du tout, mais ça se dévisse systématiquement.
Des cordons crocodiles. Petits cordons de 20 ou
30 cm munis de deux pinces crocodiles isolées. C’est pratique pour relier
un peu tout et n’importe quoi. Ca se vend par 10 ou 20, et ça ne coûte rien.
Seul inconvénient : l’intensité admissible est très faible, et n’est pas
indiquée par le constructeur. Parfois, le cordon à l’air épais, mais le
conducteur est très très fin, et enrobé d’un isolant énorme. Ca ne sert à rien
d’autre qu’à vous tromper lors de l’achat... Donc attention, ces cordons-là ne
sont pas faits pour transporter une énergie folle, loin de là. A tel point que
de temps en temps, on se retrouve avec un cordon tout mou et légèrement
chaud... Ca, c’est risqué.
Des cordons bananes. Il existe deux types de
cordons bananes : les 2 mm et les 4 mm. Fixez-vous donc une de
ces possibilités (tout en sachant que ce que l’on trouve le plus, c’est le 4),
et restez-y. Le passage de l’un à l’autre demande des petits adaptateurs, c’est
chiant. On tentera sans doute de vous vendre de l’IP2X (prononcer
"ipédeuzix") : c’est une norme de sécurité très bien, mais qui
est discutable puisque nous, électroniciens, on est en général en TBTS (très
basse tension de sécurité). Donc les protections IP2X, on s’en fout un peu.
Toujours est-il que ces cordons sont beaucoup plus chers, et ne s’adaptent
souvent pas sur les bornes bananes classiques. Par contre, les cordons bananes
normaux s’adaptent sur les bornes IP2X. De plus, le fait d’adapter une pointe
de touche IP2X sur un cordon IP2X fait que l’ensemble N’EST PLUS IP2X... Donc,
tout cela est (légèrement ?) discutable... Prenez donc des cordons
normaux, et faites attention à vous.
Le coin du stock de composants
C’est le coin où vous entreposez vos
composants que cous aurez acheté ou récupéré lors de vos désossages. Rangé par catégories
il sera plus facile de les retrouver.
La où vous rangez vos produits chimique
(perchlo, révélateur, etc.
Le coin où (parfois) on se brûle
Là, c’est pour souder. Ou dessouder,
aussi ; ça arrive. Et de temps en temps, pour se brûler...
Fer à
souder
Il existe essentiellement deux types
de fer à souder : les stylos (ou crayons) et les stations (il existe aussi
les pistolets, mais on peut les oublier pour les travaux électroniques ;
on n’est pas dans un western.) Les stylos sont ceux qui n’ont qu’un cordon,
alors que les stations sont reliées à un bloc de commande. Le premier est
beaucoup plus économique, mais à l’inconvénient d’avoir – la plupart du
temps – une température de panne fixe. C’est en général celui que l’on se
procure en premier. Et là, il ne faut pas se laisser guider par le prix le plus
bas. Il est difficile de faire de bonnes soudures avec un fer de piètre
qualité. Lors de l’achat, il faut veiller à avoir au moins les caractéristiques
suivantes :
– Puissance de chauffe de l’ordre de
25 W pour un stylo et de 50 W pour une station.
– Liaison à la terre indispensable pour les
stylos (prise à trois plots).
– Panne dite "longue durée" ;
une panne classique est un petit bout de métal fixé par une petite vis. Les
pannes classiques sont à proscrire en électronique.
– Panne d’un diamètre de l’ordre de
1 mm, non coudée.
Un ordre de prix ? Un stylo coûte environ
25 euros ; une station thermostatée coûte au minimum 100 euros.
Les avantages d’une station sont :
– Fer commandé en 12 V, 24 V, ou
48 V (plus de présence secteur, sauf rares cas, à proscrire).
– Fer totalement isolé du réseau EDF (un
stylo a sa panne reliée à la terre).
– Fer léger, pour les versions
thermostatées, car le système de gestion de la température est dans la base.
– Température de chauffe ajustable de façon
précise ; caractéristique très pratique pour ne pas surchauffer les
parties sensibles, ou pour souder (dessouder) des masses importantes de cuivre.
Un grand plan de masse, une grosse borne type banane ou une pile, par exemples,
ne se laissent pas faire par un stylo. Non, il leur faut une station.
Hormis cela, il faut reconnaître qu’elles sont
franchement plus chères, et prennent beaucoup plus de place...
Dans tous les cas, il y a des marques phares : Solomon, Weller, JBC, Antex. Si les stations sont livrées avec un support pour le fer, ce n’est pas le cas des stylos. Il faudra donc ajouter environ 5 euros pour un support (type ressort) avec éponge. Ca permet de poser le fer dans un espace où la panne devient quasiment inaccessible (les petits supports sur lesquels on pose le fer sont à jeter au plus vite : peu stables, peu pratiques, peu sûrs). L’éponge, elle, permet de nettoyer le fer entre chaque soudure ; opération indispensable.
Certains cordons sont de type thermorésistant (ça résiste à la chaleur, mais c’est plus cher...), donc a priori, pas de problème particulier. Pour un fer à cordon classique, il faut faire attention à la panne qui monte à une température de l’ordre de 400 °C. Si vous avez entamé votre cordon avec le fer, débranchez tout ! Il ne faut pas jouer avec le feu. Si vous avez décidé de changer votre fer, faites, et faites gaffe pour le prochain. Si vous avez décidé de changer le cordon de votre fer, remplacez-le par un cordon de fer à repasser. Eux, sont, dans 90 % des cas, thermorésistants, ou enrobés d’un genre de tissu résistant (un peu) à la chaleur.
Étain
Peu de choses à dire là-dessus...
– Un diamètre de 0,8 ou 1 mm, pas plus.
– Choisir une soudure dite "à âme
décapante" : il s’agit d’un flux de résine intégré qui fond à la
chaleur, et nettoie le cuivre avant de souder. C’est pour que la soudure soit
de meilleure qualité, et adhère bien. Par contre, ça laisse une trace typique,
que l’on peut facilement ôter à l’aide d’un coton imbibé d’acétone ou de
trichloréthylène (Attention ! C’est extrêmement inflammable !) Le
type à flux R45 est censé ne laisser aucune trace, mais je n’ai encore jamais
tenté.
– Composition de base : 60 %
d’étain, et 40 % de plomb (Sn60Pb40). Pour un prix quasiment identique, on
trouve de la 60 % d’étain, 38 % de plomb, et 2 % de cuivre
(Sn60Pb38Cu2). Quitte à choisir, mieux vaut choisir cette dernière : elle
améliore la tenue des soudures sur cuivre nu. La marque MBO fait de bons
produits. Il existe aussi la soudure à l’argent (genre Sn62Pb36Ag2 ou carrément
Sn96Ag4), trois fois plus chère, mais je ne l’ai jamais utilisée, et ne sais
pas exactement en quoi elle est mieux. Je ferai des recherches là-dessus, un
jour de pluie.
Quel que soit le type que vous choisissez,
n’achetez pas de dévidoir à soudure. Ils sont généralement prévus pour des
bobines de 500 g (très gros, pas pour l’amateur, ni pour moi, pourtant
professionnel), et une fois que vous avez un brin de soudure de 40 cm qui
traverse votre espace de travail, vous ne savez jamais où le mettre...
Pour
dessouder
Pour dessouder, il existe aussi
plusieurs types d’appareils, selon la méthode :
– Pour ce qui ont plein de thunes, il y
a les stations à dessouder. C’est très pratique, mais là, on frôle les
1500 euros, et on les dépasse facilement s’il s’agit d’une station à souder
et à dessouder. Le principe est simplissime, et le travail extrêmement
agréable, il faut le reconnaître : on chauffe avec le fer à dessouder, et
un bouton (au doigt ou au pied) enclenche une petite pompe qui aspire l’étain
fondu, à travers la panne creuse, et l’envoie vers un réceptacle. Fabuleux.
Mais cher, quand même, non ?
– Mais comme tout le monde ne s’appelle pas
Crésus, il y a une variante très pratique : le fer à dessouder à poire. Le
prix tombe à 10 euros, et la qualité est aussi épatante. Ca se présente
comme un fer stylo de 45 W, orné d’une grosse poire... Il faut appuyer sur
la poire avec le pouce, bien chauffer la soudure, et lâcher la poire le plus
rapidement possible. Tout ça d’une seule main (de l’autre, grattez-vous la
tempe, ça fait style). Après deux jours de dessoudage intensif, vous
avez une main à la Musclor. Ici aussi, la soudure est aspirée à travers la
panne, directement dans la poire. Lors de la pression suivante, l’étain fondu
est éjecté par l’endroit où il est entré... Donc attention à bien presser la
poire au-dessus d’un récipient, et non au-dessus de la carte électronique...
C’est un coup à prendre, mais une fois pris, c’est épatant, et pour un prix
dérisoire. Ah, oui, j’allais oublier : prenez un modèle avec panne interchangeable
(le VTD45, par exemple), car l’extrémité est assez fragile.
– Encore une variante : la pompe à
dessouder. Là, on presse la pompe (elle se bloque), on chauffe la soudure à
l’aide de son fer normal, et on relâche la pression : la pompe aspire
l’étain. Ici aussi, il est éjecté lors de la prochaine pression, mais sous la
forme d’un genre de copeau froid. Elle a l’avantage de ne rien coûter (3 ou 4
euros), mais nécessite les deux mains, et donne un résultat moins bon que le
fer à poire.
– Enfin, il existe le tresse à dessouder (à
choisir en version étamée, ça fonctionne mieux). C’est un complément, et non un
outil à dessouder à part entière. La tresse s’intercale entre la soudure à ôter
et le fer à souder. Le tout est chauffé par le fer et, par capillarité, la
soudure remonte dans la tresse (comme l’eau dans une éponge). Il faut
régulièrement couper l’extrémité saturée d’étain, c’est super chiant. Mais par
contre, le résultat est impeccable. Vraiment. A avoir absolument, donc, car
elle permet de parfaitement nettoyer les pastilles de cuivre. Ca coûte environ
2 euros les deux mètres, pour une largeur de 1,5 mm.
En résumé Je pense que pour la réalisation de montage électronique il faut posséder un minimum de matériel.
Le minimum :
- Posséder un local, environ 9 m².
- Un établi d'environ 80*125 cm, la hauteur selon votre
goût.
- Une veille armoire qui vous servira à ranger vos
composants et appareils.
- Un fer à souder avec étain et tresse à dessouder.
- Une petite alim.
- Un multimètre.
-Une plaque d'essai
Le mieux serait de posséder en plus des choses ci-dessus :
* Pour la fabrication :
- Une table lumineuse (pratique pour
faire les typons double face).
- Une guillotine, grignoteuse, table
à découper,...
- Une insoleuse.
- Un bac avec du révélateur.
- Une graveuse.
- Une perceuse avec foret.
- Une loupe
-...
* Pour les tests en BF :
- Un oscilloscope
- Un ou deux GBF
- Une alim régulée
- Deux ou trois multimètres
-...
*Pour la HF
-Un synthétiseur de fréquence HF
-Un analyseur de spectre
-Un oscilloscope (j'ai vu qu'il
existe des oscilloscopes qui vont jusqu'à 1300 MHz)
-...
Je vais vous expliquer comment réaliser une insoleuse double face d'une surface d'insolation maximal de 290*170 mm pour moins de 150€ (quand on sait qu'une insoleuse double faces dans le commerce coûte environ 700€ pour les moins chers).
Matériels nécessaire:
- 2 plaques
d'OSB de (L * l * ép.) 540*250*15 mm
- 2 plaques
d'OSB de 250*200*15 mm
- 2 plaques
d'OSB de 540*230*10 mm
- 1
charnière piano de 480 mm
- 2 quart de
rond de 460*14 mm
- 4 quart de
rond de 60*14 mm
- 2 plaque
de verre transparente de 335*200 mm
- 1 kit
d'insolation 43 cm (http://www.gotronic.fr/catalog/circuits/circuitframe.htm)
- 1 kit
d'insolation économique 43 cm (http://www.gotronic.fr/catalog/circuits/circuitframe.htm)
- feuille de
papier aluminium
- 1 scie (si
possible circulaire), marteau, clous, visses, câbles électrique souple et
rigide, dominos,...
Boite:
Pour plus de facilité on fabrique une boite que l'on coupera en deux.
Voici une coupe de la boite pour vous montrer comment assembler les plaques
d'OSB:

Les plaques d'OSB de 540*250*15 servent à faire l'avant et l'arrière de la
boite, les plaques d'OSB de 250*200*15 servent à faire les côtés et les plaques
d'OSB de 540*230*10 servent pour le dessus et le dessous.
Voilà à quoi ressemble la boite une fois assemblée:
Sur la photo on voit que les cotés sont fait en contre plaqué, j'ai utilisé du contre plaqué car j'avais des chutes mais pour des raisons de prix je vous conseille l'OSB (on en voit sur le dessus de la boite).
Maintenant on va couper la boite en deux pour cela on trace un trais à 130 mm en prenant la mesure du dessous de la boite (que vous aurez désigné).

Notre boite coupée en deux:
Mise en place des tubes et ballasts:
- Boite inférieur (celle qui mesure 130 mm de haut):
Comme on le voit sur la photo cette demi boite accueil l'arrivée du câble électrique, la minuterie et bien sur le ballast et ses tubes. Tout d'abord placez le ballast en bas à gauche puis placez les supports de tube qui sont à droite le premier est à fixer à 50 mm du bord intérieur de la plaque de devant et le deuxième à 118 mm du même bord (les mettre contre la plaque de côté), pour les deux autres supports placer les tubes dans les supports pour avoir l'écartement. Coller une feuille d'aluminium sur le fond (cela permet d'augmenter la qualité d'insolation). Placer les starters où vous voulez. Pour la minuterie tracer le contour sur le côté gauche puis faites un trou suffisamment grand à la perceuse puis finissez le trou à la scie sauteuse, coupez une place de tôle ou autre un peu plus grand que le trou que vous venez de faire puis fixez la sur la boite faites un trou pour faire passer l'axe de la minuterie et voilà!
On place maintenant les quarts de rond qui vont recevoir les plaques de verre, fixer les quarts de rond de 460 mm contre le coté droit et à 14 mm du haut puis fixer dessus et à chaque extrémité les quarts de rond de 60 mm.
- boite supérieur:
La manip est le même que pour la boite inférieur sauf qu'il n'y a que les
supports de tubes, le ballast et les starters à placer.
Maintenant poser la boite supérieure sur la boite inférieure et fixer la
charnière à piano.
Il ne vous reste plus qu'à câbler je vous donne le schéma mais il est fourni lorsque vous acheté les tubes.
Après l'insolation et la révélation il faut graver je vous donne une manière de réaliser une graveuse même si je pense qu'on peut avoir une bonne graveuse vertical à air pulsé pour environ 100€
Il vous faut:
-Un bidon de 5L, un bidon d'eau déminéralisé, de lave glace, de liquide de refroidissement,....
-Une résistance chauffante d'aquarium.
-Un bulleur pour aquarium avec 1.5m de tuyau.
-Un cutter, colle pour plastique,...
Réalisation:
Tout d'abord coupez le haut du bidon mais en laissant le goulot
Percer un trou du diamètre extérieur du tuyau du bulleur
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Faites passer le tuyau dans le trou puis pliez et collé le bout pour fermer le tuyau puis faites des trous dans le tuyau tous les 2cm en partant du bout collé sur environ 80cm.
Collé avec la colle pour plastique le tuyau en faisant une spirale sur le font du bidon.
Insérez la résistance par le goulot puis collé les ventouses pour écarter la résistance du bidon (pour éviter de faire fondre le bidon). Réglez la résistance entre 32 et 38°C, pas plus que 40°C car au dessus de 42°C le perchlorure de fer dégage des gaz toxiques.
Voilà une vus d'ensemble:
Utilisé du perchlorure de fer suractivé pour machine à air pulsé sa se vent en bidon de 5L cela coûte environ 28€ mais on peut l'utiliser des centaines de fois et sa se conserve très bien pour ma part je possède des bidon qui on 5 ou 6 ans et sa fonctionne très bien.